Evaluation du coût de la dégradation

Publié le

-

Modifié le

Pour enrayer la dégradation du milieu marin en maintenant ou favorisant un meilleur état écologique, il existe de nombreuses mesures de gestion ciblant le milieu lui-même ou les pressions qu’il subit. La mise en place de ces mesures, réalisée par des acteurs variés (État, gestionnaires d’espaces naturels, collectivités, organisations socio-professionnelles, associations…), a un coût pour la société. L’analyse des coûts de la dégradation vise à estimer cet effort financier consenti par la société à partir du recensement des mesures de gestion du milieu marin et l’estimation des dépenses associées à ces mesures.


Dans le cadre de la mise en œuvre de la DCSMM, l’analyse permet, d’une part, de rendre compte des disparités dans les efforts déployés pour gérer le milieu marin en termes de thématiques de dégradation ciblées, du type de mesures de gestion, des moyens financiers mobilisés et de façades maritimes. D’autre part, cette analyse vise à caractériser l’écart entre la situation actuelle observée et la situation désirée telle qu’elle a pu être définie dans les dispositifs de gestion. Elle contribue ainsi à rendre compte du contexte socio-économique dans lequel les objectifs environnementaux ont été définis. Par là-même, elle peut permettre d’orienter la définition de nouvelles mesures de gestion dans le cadre du plan d’action des documents stratégiques de façade maritime (DSF).
 

Eutrophisation. © L. Mignaux, Office français de la biodiversité.
Marée noire. © B. Dumeau, Office français de la biodiversité.
Macrodéchets. © A. Guilbert, Office français de la biodiversité

Résultats

En 2020, le coût de la dégradation du milieu marin en France métropolitaine est estimé à 2,4 milliards d’euros (voir la figure ci-dessous). Ce coût reflète la somme des dépenses associées aux mesures de gestion ciblant directement ou indirectement le milieu marin. Il est en légère baisse par rapport à 2016 où ils atteignaient 2,54 milliards d’euros. Les dépenses de gestion du milieu marin ciblent principalement des pressions issues des bassins versants. En effet en 2020, 90% du coût de la dégradation du milieu marin cible trois thématiques de dégradation: l’eutrophisation, les questions sanitaires et les micropolluants. 
 

La DCSMM propose d’analyser le coût de la dégradation du milieu marin au regard de dix thématiques : (1) la biodiversité et l’intégrité des fonds, (2) les espèces non-indigènes, (3) les ressources halieutiques exploitées, (4) les ressources conchylicoles, (5) l’eutrophisation, (6) les questions sanitaires, (7) les micropolluants, (8) les marées noires, (9) les déchets marins, (10) le bruit sous-marin.

Répartition du coût de la dégradation du milieu marin en 2020 par thématique à l'échelle nationale (M€ : million d'euros ; Mrd€ : milliard d'euros)

 

Les dépenses de gestion diffèrent selon les façades maritimes

En 2020, le coût de l’ensemble des dispositifs de gestion du milieu marin est estimé à : 848,8 millions d’euros (soit 35,4% du total national) pour la façade méditerranéenne, 653,9 millions d’euros (27,3%) pour la façade Nord Atlantique - Manche Ouest, 556,6 millions d’euros (23,2%) pour la façade Manche Est – Mer du Nord, et 340,6 millions d’euros (14,2%) pour la façade Sud Atlantique.

Répartition du coût de la dégradation du milieu marin en 2020 par thématique et par façade maritime (M€ : million d'euros ; Mrd€ : milliard d'euros)


En raison de sa forte densité de population implantée sur le littoral, la façade Méditerranée concentre plus de 40% des dépenses liées aux questions sanitaires et plus d’un tiers des dépenses pour la lutte contre les micropolluants. C’est également la façade où s’effectue la plus grande part des dépenses de protection de la biodiversité lié en partie à la présence de nombreuses aires marines protégées (Parc naturel marin du golfe du Lion, Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate, Parc marin de la Côte Bleue, Parc national de Port-Cros, Parc national des Calanques, sites Natura 2000…). Les quatre thèmes de dégradation globalement les moins coûteux (déchets marins, marées noires, bruit et espèces invasives) y sont également les plus représentés. La façade Nord Atlantique - Manche Ouest occupe la première place pour les dépenses liées à l’eutrophisation où cette dernière se caractérise par des échouages d’algues opportunistes du genre Ulva. C’est également la façade où s’effectue la plus grande part des dépenses consacrées à la gestion des ressources halieutiques principalement via des mesures de suivi et d’information. La façade Sud Atlantique concentre la plus grande proportion des dépenses consacrées à la gestion des ressources conchylicoles principalement via des mesures de suivi et d’information. 
 

Les dépenses de gestion diffèrent selon le type de mesures

Les coûts liés à la gestion du milieu marin sont largement dominés par la mise en œuvre des mesures de préservation, elles représentent 70,6 % du coût total de la dégradation du milieu marin. Viennent ensuite les dépenses liées aux mesures de prévention (17,5 %), les dépenses de suivi et d’information (10,3 %) et enfin les mesures de remédiation (1,6 %) qui demeurent très marginales.

 

Répartition du coût de la dégradation du milieu marin en 2020 par type de mesure, à l’échelle nationale (M€ : million d'euros)


 

Pour en savoir plus

Ces évaluations sont construites sur la base de livrables scientifiques et techniques, rédigées par l’UMR AMURE et le Cerema :
–    Accès aux documents scientifiques et techniques relatifs à l’évaluation du coût de la dégradation du cycle 1 de la DCSMM (2012-2018)
–    Accès aux documents scientifiques et techniques relatifs à l’évaluation du coût de la dégradation du cycle 2 de la DCSMM (2018-2024)
–    Accès aux documents scientifiques et techniques relatifs à l’évaluation du coût de la dégradation du cycle 3 de la DCSMM (2024-2030)