Ces descripteurs structurent la mise en œuvre de l'ensemble des éléments du PAMM: la définition du bon état écologique, l'évaluation de l'état écologique, les objectifs environnementaux, le programme de surveillance et le programme de mesures.
Les descripteurs "Biodiversité" (D1) et "Réseaux trophiques" (D4) sont des descripteurs dits d' "état" alors que les autres descripteurs sont des descripteurs de "pression".
Si le changement climatique n'est pas un descripteur de la DCSMM, il reste un enjeu transversal fort.
La diversité biologique (D1)
Le descripteur « biodiversité » est composé de plusieurs thématiques, réparties en :
Groupes d’espèces :
- Les oiseaux marins ;
- Les mammifères marins ;
- Les tortues marines ;
- Les poissons ;
- Les céphalopodes.
Grands types d’habitats :
- Les habitats benthiques (habitats des fonds marins) ;
- Les habitats pélagiques (habitats de la colonne d’eau).
L’évaluation de ces thématiques est en partie basée sur la qualité des habitats et leur nombre, ainsi que la distribution et l’abondance des espèces et leur adaptation aux conditions physiographiques, géographiques et climatiques existantes.
Les espèces non indigènes (D2)
Les espèces non indigènes sont des espèces dont l’observation hors de leur aire de répartition naturelle est avérée. Ce descripteur comprend les espèces introduites intentionnellement ou accidentellement par le biais d’un vecteur humain. Les principales activités humaines à l’origine de ces introductions sont le trafic maritime, les activités de cultures marines, l’aquariophilie, la navigation de plaisance ou encore les déchets. En 2022, plus de 300 espèces sont présentes en France métropolitaine.
Une espèce non indigène peut être invasive ou non.
Les espèces commerciales (D3)
La France métropolitaine est le 3ème producteur de pêche et d’aquaculture de l’Union européenne (UE, 2022). Le secteur de la pêche en France est présent dans les quatre sous-régions marines. Il a la particularité d’être hautement diversifié en termes de métiers pratiqués et de milieux où se déroule l’activité de pêche.
Le descripteur 3 comprend les populations de tous les poissons, mollusques et crustacés exploités à des fins commerciales. A l’échelle nationale, plus de 100 espèces côtières ou du large sont considérées pour évaluer ce descripteur : espèces benthiques (sur le fond, comme la sole), démersales (au-dessus du fond, comme le rouget) ou pélagiques (en pleine eau, comme le bar).
Les résaux trophiques (D4)
Le descripteur « réseau trophique » correspond aux « guildes trophiques », c’est-à-dire aux communautés d’individus pouvant appartenir à différentes espèces et partageant un même niveau au sein de la chaîne alimentaire.
L'eutrophisation (D5)
L’eutrophisation des écosystèmes aquatiques est une succession de processus biologiques enclenchés en réponse à un apport excessif en éléments nutritifs et conduisant à une perturbation des équilibres naturels de ces écosystèmes. Le descripteur 5 de la DCSMM considère l’eutrophisation d’origine humaine et notamment les concentrations en nutriments (azote et phosphore), en chlorophylle a ou encore en oxygène dissous.
L'intégrité des fonds marins (D6)
Les fonds marins sont caractérisés par une topographie et une nature très variée (roche, sable, vase, herbiers, etc.). Chaque type de fond marin abrite des biocénoses différentes, faisant partie intégrante du fonctionnement des écosystèmes marins. L’état physique des fonds marins peut être modifié par exemple par le recouvrement du substrat par des structures artificielles, par l’abrasion inhérente au raclage du fond ou encore par l’enlèvement ou le dépôt de sédiments.
Les changements hydrographiques (D7)
Les activités humaines ainsi que les infrastructures génèrent de multiples pressions susceptibles d’altérer de façon permanente les conditions hydrographiques via par exemple les changements de régime de température ou de salinité, les changements du régime de marée, l’action des courants ou des vagues, la modification de la nature du fond, et enfin les changements de turbidité. Les communautés biologiques associées à la colonne d’eau et au fond sont pris en compte dans ce descripteur.
Les contaminants (D8)
Les contaminants chimiques peuvent être d’origine exclusivement synthétique, comme les polychlorobiphényles (PCB) ou certains pesticides mais être également présents naturellement dans l’environnement, comme les métaux et certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
Les questions sanitaires (D9)
Ce descripteur considère les contaminants susceptibles d’être présents dans les poissons et autres fruits de mer (crustacés et mollusques) destinés à la consommation humaine. Les contaminants peuvent être des contaminants chimiques tels que le cadmium, le plomb, le mercure, les hydrocarbures aromatiques polycycliques… ou des toxines algales tels que la toxine amnésiante ASP ou encore le poison paralysant des mollusques PSP.
Les déchets marins (D10)
Ce descripteur comprend plusieurs catégories de déchets : les macro déchets et les micro déchets présents tous deux sur le littoral, sur les fonds marins ou à la surface de la colonne d’eau (déchets flottants). Il inclut également les effets néfastes des déchets (enchevêtrement, blessures…) et les déchets ingérés.
Le bruit sous-marin (D11)
Le milieu marin est un environnement complexe qui permet au son de se propager plus rapidement que dans l’air et sur de plus longues distances. Ce descripteur considère l’introduction de sources sonores sous-marines et notamment le bruit impulsif et le bruit continu, tous deux d’origine anthropique.