Habitats pélagiques - France métropolitaine

Publié le 8 juin 2020 — Modifié le 8 juin 2020

Rapport scientifique pour l’évaluation 2018 au titre de la DCSMM

Évaluation de l’état écologique du descripteur D1 - Habitats pélagiques - France métropolitaine

L’évaluation DCSMM 2018 de l’état écologique des habitats pélagiques dans les sous-régions marines françaises a été menée à partir de 3 indicateurs OSPAR, en cours de développement : le PH1, le PH2 et le PH3. Ce sont tous les trois des indicateurs d’état et de surveillance. Ils ne comportent pas encore de seuils, l’atteinte (ou non) du BEE n’a donc pas pu être évaluée pour ce premier cycle DCSMM. Toutefois, ils ont permis de décrire l'état et les changements, à différents niveaux d’organisation, du plancton (abondance/biomasse, diversité taxonomique, abondance/biomasse par paires de groupes fonctionnels). Les échelles d’évaluation géographiques qui ont été considérées sont les masses d’eau côtières de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) à la côte et les paysages marins mensuels au large, combinés sur une seule couche annuelle pour les besoins de l’évaluation.

L’indicateur PH1 est basé sur la dynamique comparée de groupes fonctionnels (ou paires de formes de vie). Une description des avantages et difficultés liées à l’application de cet indicateur est proposée. Le script permettant le calcul de cet indicateur en routine n’étant pas encore disponible en logiciel open source, il n’est présenté que pour une seule station côtière de la SRM Golfe de Gascogne. En complément, un exemple de calcul en termes de rapport de contributions de groupes fonctionnels à la concentration chlorophyllienne totale (proxy de la biomasse phytoplanctonique) est également proposé à l’échelle des paysages marins pour les SRM Manche-Mer du Nord, Mers Celtiques et Golfe de Gascogne, à partir de données issues de la modélisation biogéochimique et biologique.

L’indicateur PH2 a permis de décrire des tendances d’évolution des anomalies de biomasse phytoplanctonique et d’abondance zooplanctonique par rapport à un cycle saisonnier de référence. Les données de biomasse sont estimées à partir des concentrations chlorophylliennes, mesurées dans des échantillons de matières en suspension pour les stations côtières, ou calculées à partir de données « couleur de l’eau » issues d’images satellites pour les paysages marins. Les données de zooplancton sont issues de comptages microscopiques, provenant soit d’échantillons d’une station côtière (SRM Méditerranée Occidentale), soit d’échantillons provenant du Continuous Plankton Recorder au large (Golfe de Gascogne).

L’indicateur PH3, à son stade actuel, repose sur des indices de diversité alpha et bêta, sélectionnés pour leur pertinence afin de rendre compte des changements de diversité et de dominance du phytoplancton (et du zooplancton pour une station en Méditerranée). L’utilisation d’un indice bêta a permis de mettre en évidence des épisodes particuliers qui diffèrent selon les types de masses d’eau considérés. Ils sont représentés par des développements importants d’espèces qui sont retrouvées régulièrement dans les séries existantes, pouvant parfois caractériser des épisodes potentiellement nuisibles ou toxiques, dont le lien éventuel avec des perturbations anthropiques reste à établir. Un premier essai d’intégration des indices à l’échelle de l’indicateur a été réalisé et une première classification des masses d’eau est proposée, à comparer avec une grille de lecture qui devra être affinée et testée par la suite.

Les travaux sur le développement des indicateurs devront se poursuivre pour permettre de les rendre opérationnels, ainsi que pour les adapter à des résolutions spatiales plus importantes et à des résolutions temporelles allant du saisonnier à la haute fréquence. L’utilisation de techniques et approches automatisées serait à envisager à cet effet. La prise en compte des différents groupes taxonomiques ou fonctionnels pour le calcul des indicateurs existants reste également à être testée. Ces travaux devraient être menés dans le cadre d’une coopération nationale et au niveau européen et international, via la participation à des groupes de travail notamment au niveau des conventions régionales, au sein desquelles les indicateurs existants ont été développés.

Enfin, le succès du développement de ces indicateurs pour une évaluation efficace de l’atteinte du Bon État Écologique au cours du second cycle DCSMM dépendra notamment de l’accès aux données biologiques, de l’accès aux données de pressions liées aux activités humaines et du suivi des paramètres requis par le Programme de Surveillance dans les sous-régions marines françaises.